mardi 2 juillet 2013

Neige

Un homme.
Des montagnes.
Une vie.

Une vie s'affaiblissant au rythme du chagrin et de la déception.

Parfois, il suffit d'un regard pour tout changer.
Un regard pour sauver, un regard pour détruire. Aussi effilé qu'une lame, aussi précis qu'une flèche. Il vise juste, au plus profond de nous, pour nous relever ou nous réduire à néant.

Cette histoire est celle d'un homme qui, aussi banal qu'il puisse l'être, fit tout son possible pour comprendre quelque chose à la vie. Cet homme là n'était pas vieux, bien au contraire. Il n'avait ni le physique d'un top model, ni l'intelligence d'un philosophe. Il était lui, tout simplement.

Il n'avait pas vraiment une vue positive de la vie. Il répugnait plutôt à dire que c'était le plus beau cadeau que l'on puisse recevoir. Pour lui, le concept de vie et de mort n'était ni un présent ni une punition. C'était seulement le court naturel des choses. La religion avait tendance à vouloir sans cesse chercher des explications divines sur la création du monde et sur les éléments qui contrôlaient l'écoulement du temps, la météo et toutes ces forces imparables et imprévisibles. Ce n'était que des sottises pour le jeune homme, qui ne croyait qu'en la Nature et en lui-même. Pas qu'il se considérait comme un dieu, loin de lui cette idée, mais lorsqu'on a conscience d'exister et d'être un phénomène naturel, alors pourquoi ne pas croire en soi.

Ce regard, il ne l'oubliera jamais.
« Je te quitte ». Trois ridicules petits mots, chargés de douleur et de chagrin. Elle avait parlé calmement, sans la moindre hésitation, comme si elle avait médité ses paroles longtemps en avance.
Son regard était fixe, déterminé. Elle ne fléchirait pas.
Et puis tout s'était enchaîné. À croire que le malheur entraînait le malheur, sans laisser la plus petite place pour un peu de bonheur. Morts, guerres, autant de mauvaises nouvelles venues pourrir en profondeur le moindre sentiment positif encore présent.

Il lui prenait alors des envies de partir, loin, là où rien ni personne ne pourrait l'atteindre. Il goûterait à une solitude bienfaisante et réconfortante.
Il avait choisit la montagne, les pics escarpés d'une chaîne enneigée.
Il était monté au sommet, révélant à ses yeux toute la splendeur de la Nature et la petitesse de l'Homme, qui se permettait de commander à celle qui l'avait créé.
Emmitouflé dans son manteau, il regardait le soleil darder ses millions de rayons sur une mer de nuages blancs et purs, recouvrant toute civilisation.
Et alors, il réfléchissait. Au sens de la vie, à son rôle à lui, petit être perdu dans l'immensité céleste.
L'espoir de voir sa vie redevenir comme avant était piétiné comme la neige sous ses pieds.
Quel était le but de sa vie ? Souffrir en attendant son heure ou accélérer le cours des choses ? Il y avait souvent pensé, mais lorsqu'il regardait ce paysage parfait, il lui prenait l'envie de rester là, perché sur son sommet éternellement. Mais hélas, rien n'est jamais éternel, et il le savait.

Usure.
Désespoir.
Mort.

Quelques flocons tombaient en scintillant. La main tendue, il les regardait fondre lentement, comme l'Espoir s'évanouissant peu à peu.

Soupir. Que la vie peut être triste et brève parfois...

Il n'y avait pas dans le monde qui s'étalait loin au-dessous de place pour lui. Mieux valait finir ses jours ici, dans la quiétude et la solitude.
Il se sentait si grand, si puissant, du haut de la montagne, qu'il appelait presque sa montagne. Il se sentait bien, il se sentait lui-même.
Le Moi...
Ce simple mot, grand et chargé de sens, capable de briser toute bonne volonté de s'oublier au dépend des autres.

La masse voluptueuse des nuages atténuait les moindres bruits de vie.
Il regardait en bas, sans ressentir de vertige. Seulement une forte attraction de se laisser tomber, porté par la brise légère, tel un oiseau. Peut-être pensait-il que les nuages amortirait sa chute, l'enveloppant dans une douceur et un confort digne de la meilleure publicité pour un quelconque produit sans intérêt.

Tomber.
Voler.
Rêver.

Les bras écartés, comme en signe d'offrande, il s'était avancé au point le plus abrupt et escarpé. Regardant le vide sans la moindre peur, il s'était laissé tomber...

Il ne verrait jamais le chagrin et le regret qui l'avait envahit, elle, qui avait était la cause de tout.
Le désespoir entraîne la mort, qui entraîne le chagrin. Une boucle sans fin, qui ne se terminera que dans la mort.

Un homme.
Des montagnes.
Une vie.



jeudi 27 juin 2013

Mort

Je suis vide. Il ne reste en moi qu'une unique boule de solitude qui s'accroche à mon cœur de toutes ses forces.
Le néant est mon seul compagnon.
Je suis vide. Vide de tout sentiment, de toute pitié. Rien en moi n'est plus fort que la mort. Et malgré tout, il n'y a qu'un seul être condamné à y échapper pour l'éternité. Moi.
Je suis la mort. Je suis une brise qui vient éteindre la petite flamme fragile de la vie.
Je n'ai ni conscience ni inconscience, ni corps, ni âme. Je suis la frontière entre deux mondes.
Les échos du chagrin des vivants pleurant leurs morts arrivent jusqu'à moi, mais ils ne m'atteignent pas.
Je ne suis ni nostalgique, ni mélancolique. Je ne suis ni heureux, ni malheureux.
Je suis la mort, sans connaître le sens véritable de ce mot.

Amours et souvenirs

J'ai souvent cherché et retourner dans ma tête les moyens qui s'offraient à moi pour lui faire comprendre autrement que par des mots tout ce que j'avais sur le cœur. Mais lorsqu'on tient ne serait-ce qu'un filon d'espoir, il se brise avant que l'on ai le temps de le transformer en corde. J'ai souvent trop espéré, et combien de fois est-ce devenu du désespoir ? Il est tellement plus facile de rêver à ce que l'on a pas que de se contenter de ce que l'on possède déjà. Trop espérer rend malheureux, mais alors comment accède-t-on au bonheur ? Question qui m'est encore à ce jour rester sans réponse. Si près de moi et pourtant inaccessible...
Quand je pense à tes mains que je ne pourrais pas prendre, à tes cheveux que je ne pourrais pas caresser, à tes lèvres que je ne pourrais pas embrassées, à ton sourire qui ne me sera jamais adressé. Les seules choses que j'ai de toi, ce sont de piètres images lointaines et des illusions balayées. J'ai souvent pensé être capable de ne pas penser à ce que je ratais, mais après tout, qu'est-ce que j'y peux ? Toutes ces années où je n'ai cessé d'être moi et pas une autre, où j'ai affirmé et porté avec fierté mes goûts et mes passions, n'ont servies à rien. Il a préféré une autre, brisant mon cœur comme un verre qui se casse. Des milliers de morceaux ont jailli. Qui sait combien de temps cela prendra-t-il pour tous les recoller ?
Et puis il nous vient des impulsions, l'envie peut-être de se justifier à la face du monde. Quelques mot qui deviennent des phrases sans fin. Et puis survient le soulagement, de savoir qu'il ne me déteste pas, de savoir que l'élan d'honnêteté que j'ai eu lui a plu. J'aurai eu le mérite qu'il pense à moi le temps d'une réponse. Aurai-je la force de passer à autre chose ? Je ne m'en sens hélas pas capable pour le moment. Mais qui sait ce que nous réserve l'avenir ? Peut-être les choses évolueront-elles enfin dans le bon sens. Ma courte vie n'a été qu'une succession de tentatives amoureuses ratées, mais j'aime à penser que cela me rend plus forte et m'aidera à surmonter les obstacles à venir. On m'a souvent conseillé d'oublier... Oublier quoi ?
Tant de choses arrivent dans une vie ; le mieux, c'est de ne pas en perdre une miette. Les souvenirs peuvent s'effacer avec le temps, s'envoler comme des pétales dans le vent. Il faut les recueillir pour ne pas oublier le passé, car les souvenirs forgent une vie, permettent de ne pas répéter les erreurs passées, qu'ils soient bons ou mauvais. Lorsqu'on en a trop, que cela déborde de notre cœur, on peut les écrire, les dessiner, les immortaliser, puis les mettre de côté, pour s'en rappeler quelques années après, lorsque la tempête est passée. Tant de moyens sont disponibles pour la sauvegarde de nos mémoires. Profitons-en, nous avons encore la liberté de le faire...
De la vie jusqu'à la mort, ne jamais oublier et ne jamais abandonner...

22 juin 2012









Amour

Des buts pleins la tête, un rêve qui me guide, je veux sourire à l'avenir, sans jamais me retourner.
L'unicité de mon être, ma personnalité fait tourner la tête de la banalité.
Du moins j'essaie.

Je ne veux plus rêver à l'impossible.
Je ne veux plus porter sur mes épaules les actes des autres.
Je ne veux plus culpabiliser.

Je veux utiliser le passé pour tenter le grand saut.
Je veux aimer et être aimée, sans que la flamme s'éteigne
Je veux nager, jusqu'à atteindre l'autre rive, ce moi dont je rêve.

Tu es ma lumière, mon soleil. Tu es mon sourire et mes larmes. Tu es tout et rien à la fois.
Qu'est-ce qui t'as mené vers moi ? Qu'est-ce qui me pousse à avancer vers toi ?
Si tu savais... Et pourtant, je sais que tu me repousseras.
Tu m'as vu mais pas remarqué, je t'ai vu et plus lâché des yeux. L'obsession qui me gagne se confronte sans relâche à la barrière de ton âme.
Si seulement je pouvais pénétrer ton cœur, et être plus que cette inconnue aperçue au détour d'une mélodie...


19/04/2013

Ecrire

L'herbe humide me chatouille les pieds. Le petit vent frais du Nord caresse mes bras nus. Les yeux fermés, je ressens les moindres sensations qui habitent mon corps. Mes jambes accolées, le cahier posé sur mes genoux, le stylo dans mes mains, mes cheveux qui volettent.
Je soulève les paupières. Les collines qui s'étalent devant moi brillent sous le coucher de soleil de lueurs ocres. Je pose mon stylo sur la feuille. Au fil de mon inspiration, il glisse sur le papier à grain, étalant une écriture un peu brouillon. Sous la lumière déclinante, mes yeux tentent de s'accommoder. Bientôt, le paysage sera envahi d'une obscurité totale et je ne discernerais plus rien autour de moi. Aucune lune dans le ciel ce soir, seulement les étoiles qui veillent sur le monde de leur perchoir éternel et infiniment lointain.
Ni lumière, ni vie humaine autour de moi. Mais, imperturbable, je continue à donner vie à mes personnages. Ils sont une part de moi-même, et je ne peux vivre qu'à travers eux. Oui, je vivrai tant que j'écrirai. 


29/03/13